Interview Politique : Nicolas DUPONT-AIGNAN

Interview Politique : Nicolas DUPONT-AIGNAN

Aujourd’hui, Nicolas Dupont-Aignan est une voix politique qui se fait de plus en plus entendre. Très présent dans les médias pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement actuel, Nicolas Dupont-Aignan milite pour retrouver la souveraineté de la France sur le plan économique, et souhaite instaurer de nouveaux partenariats « gagnant/gagnant » avec les pays du Maghreb. Il est également un farouche adversaire de l’islam politique, et souhaite un meilleur contrôle des flux migratoires avec les pays du Sud.

 Nicolas Dupont-Aignan est candidat à la prochaine élection présidentielle de 2022, et sera assurément une voix qui comptera lors de la campagne présidentielle qui débutera dans quelques mois.

Monsieur Dupont-Aignan, une première question au coeur de l’actualité : comment jugez-vous la gestion de la crise du Covid-19 par le gouvernement français, que ce soit au niveau sanitaire, sociétal et économique ? Quelles mesures alternatives auriez-vous prises si vous aviez été aux responsabilités ?

Tout d’abord, je dois dire que le contexte est extrêmement difficile, il ne s’agit pas pour moi d’accabler les gouvernements par principe. Cependant, le gouvernement français a cumulé les erreurs, les fautes graves, et surtout n’a jamais tiré les leçons de ses échecs précédents. Je reproche au gouvernement français non pas d’avoir tâtonné, mais d’avoir raté systématiquement toutes les épreuves et de ne jamais avoir anticipé : sur les masques, sur les tests, sur les vaccins, sur l’isolement…

Je pense que des mesures auraient pu être prises plus tôt, notamment sur le système des tests pour isoler les personnes malades et leurs donner la possibilité de ne pas contaminer les autres. Je regrette que nous n’ayons pas assez insister sur les soins précoces à prodiguer aux malades, notamment à l’aide de l’ivermectine et de l’hydroxychloroquine, qui comme vous le savez a été à l’origine d’attaques massives envers le professeur Raoult. Je regrette également qu’on n’ait pas développé les purificateurs d’air dans les écoles, et qu’on n’ait pas soutenu l’institut pasteur de Lille qui a trouvé une molécule et qui pourra enfin accélérer les recherches suite à mes pressions. De plus, j’aurais augmenté dès le début le nombre de lits de réanimation puisqu’on a fait des économies de bouts de chandelles depuis plusieurs années et qu’on manque désormais de lits de réanimation. Comme nous risquons de toute façon de connaître une augmentation des pandémies dans le futur, il faut mieux anticiper la gestion du nombre de lits de réanimation en ré-ouvrant notamment l’hôpital du Val de Grâce à Paris pour la réanimation, car les lits d’hôpitaux manquent réellement en ce moment.

J’ai toujours proposé un plan B très simple qui repose sur un ensemble de mesures complémentaires qui auraient permis, je pense, non pas d’éviter le virus bien sûr, mais d’avoir un bilan moins lourd pour le pays.

Votre candidature pour la prochaine élection présidentielle a été annoncée en pleine crise du Covid-19. Si vous êtes élu président de la République, quel serait votre plan de relance économique et social de l’après Covid-19 ?

Premier point, on ne pourra réussir que si on arrive à contenir le virus, et j’ai expliqué comment. Deuxième point, je pense qu’il y a eu des mesures positives qui ont été prises pour le chômage partiel et les prêts garantis par l’État aux entreprises, mais que l’enjeu est désormais d’adopter des mesures pour lancer un investissement massif comme le font les États-Unis. Je reprends l’exemple très simple des prêts garantis qui font que nos entreprises se retrouvent devant un mur de dette pour l’année prochaine, et qu’il faut absolument étaler ces remboursements parfois sur 25 ans, et il faut également permettre la transformation de certains de ces prêts garantis en fonds propres.

De plus, il faut investir massivement dans la science et la technologie, en un mot il faut éviter que le continent européen soit distancé par les États-Unis et la Chine. Quand on voit que le plan de relance européen de 750 milliards d’euros est toujours bloqué, et n’a toujours pas été mis en place. Au même moment, Joe Biden place 4 000 milliards d’euros sur la table ! L’Europe et la France ont de quoi s’inquiéter car le vrai enjeu c’est la capacité scientifique, technologique et industrielle de l’Europe face à la Chine et aux États-Unis, qui ne se privent pas d’utiliser leur banque centrale pour investir massivement. Donc j’ai mis en place tout un plan de relocalisation industrielle qui pourra s’intégrer dans un partenariat euro-méditerranéen digital pour stabiliser l’Afrique et avoir de bonnes relations avec les pays du Maghreb.

La Tunisie est historiquement un pays ami de la France et surtout un partenaire économique privilégié. Souhaitez-vous renforcer les liens entre nos deux pays et instaurer un nouveau partenariat économique et social « gagnant/gagnant » entre la France et la Tunisie, mais aussi avec les autres pays du Maghreb ?

Première analyse, mon institutrice m’expliquait qu’un problème bien posé, c’est un problème à moitié résolu. La mondialisation compète des échanges et notamment l’entrée de la Chine à L’OMC a totalement déstabilisé l’industrie tunisienne et du Maghreb, puisque les pays d’Europe ont préféré substituer la Chine aux industries qui avaient été délocalisées dans votre pays. On a assisté à l’effondrement de l’accord multifibres, on a assisté aux accords préférentiels. Or, je considère que la seule issue pour l’Europe et pour l’Afrique qui fait face à un défi démographique colossal surtout au Sud du Maghreb, c’est un partenariat privilégié avec des conditions favorables de libre-échange.

Selon moi, il faut absolument relocaliser à la fois en France et à la fois au Maghreb des production qui ont été délocalisées au fil du temps en Asie. Cela implique qu’il faut des tarifs douaniers favorables pour un espace économique euro-méditerranéen qui permet aux Tunisiens, aux Algériens et aux Marocains de vivre de leur travail sans être obligé de quitter leur pays, et qui permet aussi aux Français de vivre de leur travail sans être obligé de s’appauvrir. C’est tout l’enjeu de mon projet de relocalisation : je prévois de relocaliser 1 million d’emplois en France, et je veux relocaliser au Maghreb des production que nous ne pourrons pas relocaliser en France. Cela dit, un bras de fer est engagé avec la Chine qui est en train de pomper toute la richesse du monde. J’ai beaucoup de respect pour la Chine qui est un grand peuple et un grand pays, mais on ne peut pas déstabiliser le monde en concentrant toutes les productions en Chine, ce n’est plus possible. La Chine et l’Asie ne peuvent pas devenir l’usine du monde, c’est trop dangereux. Chaque continent doit avoir un équilibre : il s’agit de la théorie de Maurice Allais, un économiste et physicien français, prix Nobel d’économie en 1988, qui voyait le libre-échange par grands pôles régionaux, et je pense que nous avons à bâtir des tarifs douaniers privilégiés entre la France et le Maghreb.

Entre nous, c’est ce qu’a fait l’Europe avec la Turquie, avec beaucoup de dangers d’ailleurs parce qu’on a renforcé le président turc Erdogan, qui pose de multiples problèmes. Mais je pense qu’on peut imaginer un partenariat, « gagnant/gagnant » entre l’Europe et le Maghreb, et que c’est la seule solution pour qu’il y a un vrai développement qui s’effectue en Tunisie. Notamment car les Tunisiens doivent développer leurs propres productions, doivent développer leurs propres industries, car la Tunisie ne peut pas tout miser sur le tourisme. C’est d’ailleurs la grande leçon du drame de l’épidémie de Covid-19 : un pays qui mise tout sur le tourisme comme la France, comme la Tunisie, ne peut pas s’en sortir, donc il y a tout un enjeu de réindustrialisation, de développements économiques, de partenariat euro-méditerranéen à construire, et qui est ma grande obsession depuis des années.

Par ailleurs, je suis en train de préparer un rapport sur la pollution des océans dans le cadre de la commission des affaires étrangères. Je vais proposer un grand plan de sauvetage de la Méditerranée, avec notamment l’utilisation de l’aide au développement pour que la rive sud de la méditerranée bénéficie de stations d’épurations parfaites et ainsi de faire en sorte qu’on dépollue la méditerrané. Cela doit constituer un grand programme industriel, qui à la fois permettrait de développer le tourisme en Tunisie et la pêche. En un mot, avoir une vraie méditerranée qui serve de trait d’union !

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