Interview Exclusive : Marinella Pacifico

Interview Exclusive : Marinella Pacifico

Madame Marinella Pacifico, vous êtes sénatrice de la République italienne et membre de la commission des Affaires Étrangères.
Pour débuter notre entretien, pouvez-vous nous dire quelle est la situation économique de votre pays alors que la pandémie de Covid-19 n’est pas encore terminée ?
Le gouvernement italien a-t-il pris des mesures récentes pour diminuer l’impact économique du variant Omicron?

“Après une période de croissance nulle voire de récession, le pays semble avoir repris le chemin de la croissance. Les prévisions de reprise pour cette année sont de 6% du PIB, auquel si la pandémie, avec sa variante Omicron, ralentit le processus en raison de la prolongation de l’état d’urgence. Pour sortir de cette impasse, le gouvernement italien a adopté une série de mesures de rafraîchissement économique pour les citoyens et les entreprises marquées par des fermetures et des restrictions, ainsi que la réduction des impôts dans la manœuvre budgétaire qui vient d’être approuvée. D’où aussi des remises sur les factures d’électricité et de gaz et le renouvellement de la prime éco bâtiment de 110 % pour la revitalisation des secteurs de travaux concernés et les économies d’énergie, l’objectif de la transition écologique que nous nous préparons à réaliser.”

2) Est-ce que la crise du Covid-19 a montré que les européens savent parler d’une seule voix sur les plans politique et économique lorsqu’une situation exceptionnelle survient ? Et est-ce que certaines décisions ou mesures auraient pu être mieux coordonnées entre les pays européens au cours des deux dernières années ?

“S’il est vrai que l’UE a atteint une certaine uniformité politique, il est tout aussi vrai que les réponses au COVID ont été différentes d’un pays à l’autre. Même dans certains États, où l’autonomie régionale est plus prononcée, les réponses ont été différentes même au sein d’un même État. Il est clair qu’une réponse mondiale et coordonnée aurait facilité la voie pour endiguer le virus.”

 3) Vous êtes également présidente de l’association d’amitié Italie-Tunisie.
Est-ce que la Tunisie est un partenaire poltique et économique important pour la Tunisie ? Et pouvez-nous donner une ou deux actions concretes qui ont été mises en place récemment dans le cadre de cette association ?

“La Tunisie est le partenaire le plus important de l’Afrique du Nord pour l’Italie. Le volume des échanges montre l’interdépendance entre les deux pays et le récent accord bilatéral entre l’Italie et la Tunisie sur l’échange d’électricité géré par les sociétés TERNA et STEG en est la preuve. Je suis à la pointe de la problématique des déchets bloqués dans le port de Sousse où il faut faire la clarté. C’est pourquoi j’ai demandé au ministre Di Maio de faire rapport au parlement. J’ai des contacts permanents avec les ambassadeurs Fanara et Sinaoui avec lesquels nous abordons les questions politiques et économiques qui touchent nos pays à travers des auditions en commission des affaires étrangères et en commission Schengen, mais aussi avec les missions diplomatiques dédiées aux relations entre nos pays. En juin, j’ai rencontré le Président Saïed à l’occasion de la cérémonie de remise du doctorat « honoris causa » en droit romain décerné par l’Université La Sapienza de Rome. Nous nous sommes dit au revoir avec la promesse que j’irais à Tunis en tant qu’invité. Si le COVID le permet, j’espère le faire bientôt.”

 4) La Tunisie traverse actuellement une période économique et politique difficile.
Est-ce que l’Italie y est particulièrement attentive, notamment concernant les mesures fortes prises récemment par le président Kaïs Saïed ?
Et comment l’Italie peut-elle aider notre pays à retrouver le chemin de la stabilité politique et de la croissance économique ?

“Par tradition, l’Italie n’entre pas dans la dynamique politique et gouvernementale des autres pays. Surtout si ce sont des pays amis. On constate que la Tunisie connaît une phase de croissance économique stagnante, comme en témoignent les flux migratoires continus. C’est dans l’intérêt mutuel que ces difficultés sont surmontées. L’UE a déjà apporté une contribution en ce sens en finançant le projet TERNA-STEG, mais d’autres aides doivent passer par un partage européen et je dirais mondial pour favoriser la croissance économique. Cependant, il semble essentiel de pacifier les forces politiques sur le terrain en rappelant à chacun les principes démocratiques typiques des démocraties européennes. L’Italie peut jouer un rôle important en Europe et en Occident en faveur de la Tunisie, à condition toutefois que la classe politique maintienne les valeurs démocratiques que le pays a montré qu’elle souhaite de plus en plus consolider, malgré les difficultés rencontrées au fil des années.”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

0
    0
    COMMANDEZ-LE DÈS AUJOURD'HUI
    Your cart is emptyReturn to Shop