Interview Exclusive avec Fatma Dhifallah

Interview Exclusive avec Fatma Dhifallah

Madame Fatma Dhifallah, vous travaillez comme assistante de recherche à l’Université du Québec à Rimouski. Vous êtes spécialisée dans la biologie marine, et notamment dans l’étude du plancton.

Qu’avez-vous appris de vos travaux sur le sujet, notamment sur la toxicité de certaines espèces de planctons ? Peut-il y avoir un impact sur la faune marine ?

Le phytoplancton (algues microscopiques) dérive dans toutes les mers et les océans. Il représente le premier maillon de la chaine alimentaire et il est considéré comme les poumons de notre planète puisqu’il produit plus que la moitié de l’oxygène dans l’atmosphère.

Certaines espèces du phytoplancton produisent des toxines dont plusieurs du groupe des dinoflagellés. Ces toxines pourraient s’accumuler dans la chaine alimentaire et devenir nocives pour la faune marine et les humains.

 Vous venez de remporter pour la 2ème fois le prix du jury du concours « La preuve par l’image », organisé par l’ACFAS, qui est une organisation francophone dont le but est de promouvoir le savoir scientifique.

Est-ce une grande fierté pour vous d’avoir remporté ce concours à deux reprises (2018 et 2021), qui vous encourage à aller plus loin dans vos travaux ?

C’est une grande fierté pour moi de remporter ce prix à deux reprises et j’en suis particulièrement reconnaissante à mon directeur de recherche le Professeur André Rochon qui m’a transmis sa passion pour l’étude des dinoflagellés. C’est dans le cadre de nos travaux de recherche que j’ai appris les techniques de prise de photos au microscope électronique à balayage. Ces photos de dinoflagellés agrandis 3500 fois offrent une belle preuve par l’image qui va s’ajouter à la banque d’imagerie scientifique dans le domaine de l’océanographie. Ce prix ne peut être qu’une motivation pour aller plus loin dans la recherche scientifique.

Ma famille m’a toujours soutenu et encouragé pour donner le meilleur de moi-même et continuer à avancer dans ma carrière

 Vous avez effectué votre cycle universitaire en Tunisie jusqu’en 2016. La récompense de vos travaux est-elle également un succès pour l’enseignement universitaire tunisien ?

Et pensez-vous que notre système devrait améliorer certains points pour être encore plus efficace ?

Bien évidemment! Mes études en océanographie sont la continuité de mes études d’ingénierie à l’Institut national agronomique de Tunisie, spécialité génie halieutique et environnement. Si aujourd’hui je suis capable de me distinguer parmi plusieurs autres dans ce domaine, c’est parce qu’en Tunisie, j’ai eu une formation de base solide. Toutefois, je trouve que les établissements d’enseignements devraient impliquer davantage les entreprises dans leurs programmes d’études pour créer une véritable synergie et répondre aux attentes réelles du marché du travail.

 Une dernière question pour conclure : vous avez quitté la Tunisie il y a 5 ans mais vous devez certainement garder un oeil attentif à la situation économique, politique et sociale de notre pays.

Quel regard portez-vous sur la Tunisie de 2021, notamment sur la lutte vers l’égalité homme/femme

J’essaie de rester toujours à l’afflux de ce qui se passe en Tunisie. Le processus vers l’égalité homme/femme a commencé depuis des décennies en Tunisie. Personnellement, j’ai grandi dans un milieu où on ne m’a jamais fait sentir qu’il y a une de différence entre les deux sexes.

Les femmes tunisiennes sont présentes et réussissent avec succès dans tous les domaines. Elles sont connues pour être fortes et travailleuses. Il faudrait continuer sur la même lancée, au même pied d’égalité que les hommes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

0
    0
    COMMANDEZ-LE DÈS AUJOURD'HUI
    Your cart is emptyReturn to Shop