La jeunesse tunisienne à l’honneur : Oussema Metoui CTO de Sportopia

La jeunesse tunisienne à l’honneur : Oussema Metoui CTO de Sportopia

Oussema Snoussi vous êtes auteur, essayiste et militant politique, votre livre « La génération des crises » parle de cette génération qui, depuis de nombreuses années, vit en permanence en période de crise économique, politique et depuis peu une crise sanitaire mondiale. Peut-on parler de génération sacrifiée ?

Sacrifiée, je ne sais pas. Car un sacrifice s’inscrit toujours dans une volonté supérieure, un espoir, une divinité, un idéal. La je n’en vois pas. Notre génération va subir les conséquences de la tout-productivité qui, selon le consensus scientifique établi depuis les années 2000, va détruire la planète. Épuisement des ressources, pertes de territoires, migrations climatiques, etc..

La solution pour éviter de vivre de crise en crise n’est-elle pas d’abord politique ? Une politique de planification est-elle indispensable pour fédérer les politiques d’actions publiques et ainsi lutter efficacement contre les crises présentes ( notamment économique) et celles à venir ?

Oui, je pars du principe que le choix politique reflète une orientation qui influence la planification. Si l’on choisit un politique de gauche, la haute fonction publique tentera d’établir des programmes et des plans d’actions ayant pour but la réduction des inégalités. Pour un politique de droite, ce sera la libéralisation et la réduction des coûts qui deviendra l’idéal. Ce processus devrait être la base, l’épine dorsale, de la bonne gouvernance. Malheureusement, quelque soit l’orientation politique de ceux qui nous gouvernent, une fois arrivé au pouvoir, il n’y à plus de planification, encore moins d’idéal.

Le réchauffement climatique est la nouvelle crise majeure qui s’annonce à l’horizon qui aura certainement un impact sur l’économie. Est-ce que la jeunesse doit prendre son destin en mains et s’engager dans l’action publique et politique afin de travailler dès maintenant à la lutte contre le réchauffement climatique ?

Je pars du principe que la société civile est utile, mais ne propose pas une solution générale. C’est par la politique qu’on peut transformer l’ensemble de la société. Alors qu’on l’on sait que nous sommes dans une situation d’épuisement à l’échelle nationale, notre politique générale doit désormais s’articuler autour du réchauffement climatique. Notre génération à un rôle énorme à jouer. Je ne suis pas un spécialiste, mais si l’on se fie aux recherches de l’Institut national des sciences et Technologies de la Mer, menées notamment par Dr. Oula Amrouni, on apprend que des villes côtières tunisiennes risquent de disparaître et assez rapidement: on parle d’une échéance entre 10 et 30 ans.

Mais attention à l’écologie de l’individu: ce n’est pas en faisant passer la responsabilité sur les individus qu’on réduira nos émissions de carbone ou qu’on aboutira à une économie bleue durable. Ce sont les entreprises polluantes qui ferment la porte à la clé écolo.

Pouvez-vous adresser un message d’espoir à cette « génération des crises », qui a de plus en plus de mal à voir le bout du tunnel ?

L’espoir passe par notre engagement: réduction des inégalités sociales, économie bleue, écologie politique. Mais aussi par nos méthodes d’engagement: inutile de jouer le nouveau monde en tentant des processus flous, l’urgence est de créer un parti politique, bien structuré, inspiré dans l’organisation des grandes puissance du pays (UGTT, Ennahdha) visant à créer un idéal égalitaire et soucieux des plus démunis. Car c’est toujours eux qui seront les sacrifiés des crises, quelle que soit leur nature. Notre génération doit s’unir en bouclier des opprimés.

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