Président fondateur et directeur du festival du cinéma tunisien FCT : Mr.Mokhtar Ladjimi

Président fondateur et directeur du festival du cinéma tunisien FCT : Mr.Mokhtar Ladjimi

Quels impacts de la crise du COVID 19 sur le cinéma tunisien, notamment en termes économiques ?

 « L’ instauration d’ une caisse spécifique relative à l’ indemnisation des intermittents du spectacle est plus que jamais urgente indispensable »

« Les artistes et techniciens du cinéma et de l’ audio-visuel souffrent péniblement de la précarité par ces temps de crise… »

Monsieur Ladjimi, en votre qualité de Président fondateur et directeur du festival du cinéma Tunisien ( FCT- Tunisia film Awards),  peut-on dire que le cinéma tunisien est malheureusement à l’arrêt aujourd’hui, et que cette situation est inédite dans sa gravité ?

 Non pas du tout .La production de films a bel et bien été freinée par la situation sanitaire et économique du pays .Mais plusieurs projets sont en cours de préparation sauf les co-productions avec l’étranger freinées par la complexité de la conjoncture et le ralentissement du calendrier des festivals et les forums et le démarchage à l’international…

Les actrices et les acteurs-réalisateurs et producteurs doivent vivre des moments particulièrement difficiles à l’heure actuelle, peuvent-ils bénéficier d’une aide provenant de l’Etat ?

Oui la réforme du secteur cinéma notamment le fameux article 717 qui devrait réglementer la relation de la production avec les pouvoirs publics a avorté et stoppé pour d’autres raisons que la situation sanitaire liée au covid19…Amorcé et annulé à plusieurs reprises cette fameuse réforme devrait voir le jour après sortie du tunnel et vaccin Covid-19. Les artistes et techniciens du cinéma et de l’ audio-visuel souffrent péniblement de la précarité par ces temps de crise .L’ instauration d’ une caisse spécifique relative à l’ indemnisation des intermittents du spectacle est plus que jamais urgente indispensable . Une sensibilisation et une volonté politique sincère nous manquent terriblement. La situation dans son ensemble de nos créateurs est alarmante.

La Chine est pointée du doigt comme étant à l’origine de l’épidémie de COVID-19, ne pensez-vous pas qu’il serait légitime de demander des dommages et intérêts à la Chine en guise de réparation du lourd préjudice subi actuellement ?

 Je ne suis pas pour montrer du doigt la chine et de désigner le coupable hativement …C ‘est bien vrai que le mal est bien parti  de la Chine mais il aurait pu partir aussi d’ un autre pays .Moralement oui la Chine pourrait faire un geste en direction des pays comme la Tunisie en accordant plus de soutien particulièrement pour les plus touchés économiquement par ce virus comme les artistes ou autres couches sociales désemparées…

A défaut qu’avoir un dédommagement matériel, quelles sont selon vous les alternatives possibles ?

Aider à la co-production de divers projets par un fond de solidarité : Achat , diffusion et distribution de films ,diffusion  de concerts et multiplication des ateliers d’ écriture et des aides à la co- production d’ œuvres communes ..

Une dernière question pour terminer sur une note d’optimisme : nous pensons que le cinéma tunisien, qui possède beaucoup de richesses au niveau artistique, saura rebondir une fois cette crise terminée. Est-ce également votre cas ?

 Oui certes il existe réellement un nouveau souffle pour un secteur qui a du mal à redémarrer avec cette crise mais je reste optimiste car la liberté d’expression dont bénéficie actuellement la Tunisie finira par donner ses fruits dans les années qui viennent .L ‘important est de ne jamais désespérer et moi en premier lieu tant que le politique ne nous pompe pas l’air et que la vision économique sérieuse,  l’ imagination , l’art et  la manière  sont là !

Merci Mr. Ladjimi.

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